30 septembre 2010 - Le Ventre de papa - CRÉATION - - Bègles (33)
1er octobre 2010 - Le Ventre de papa - Nérac (47)
9 octobre 2010 - Le Ventre de papa - Marcheprime (33)
19 novembre 2010 - Le Ventre de papa - Eysines (33)
...

où en étais-je ? le 7 février par Laurent

De l’eau a coulé sous les ponts - j’aime cette expression. Quelques nouvelles pour ceux qui viendraient en prendre - qu’ils n’hésitent pas à en donner.

Le projet Campagnes et Compagnie est terminé. On peut dire que ça finit mal, on peut dire que ça finit bien. Je peux dire que les politiques locaux n’ont, le plus souvent, pas assez pris le relais de ce projet pour en apprécier la dimension sociale et politique. Je peux dire que le milieu culturel a considéré ce projet avec trop d’a priori pour venir le voir à l’oeuvre sur le terrain, ou pour le considérer avec un regard neuf. Si bien qu’il n’est pas de poussée suffisante pour que ce projet rebondisse. Je peux dire aussi que nous avons tourné cinq de nos créations en milieu rural, que nous avons créé et tourné trois pièces inspirées des pays de Gironde, que nous y avons travaillé avec près de 100 personnes, que l’aventure fut unique pour eux comme pour nous. Je peux dire que nous avons fait venir du monde dans des salles des fêtes où l’on n’en attend plus guère lorsqu’il s’agit de théâtre.

Le compagnonnage avec la ville d’Eysines est terminé. On ne peut pas dire que ça se termine mal. Je peux dire qu’au terme d’une action de trois ans qui s’est déroulée dans la reconnaissance de notre travail sur la ville, nous aurions dû être suffisamment "compagnons" pour avoir de réels échanges sur des sujets comme un théâtre rénové, un nouveau festival, une programmation, un nouveau projet culturel impliquant les associations et les services de la ville. Si bien que je n’ai pas vu la nécessité de poursuivre l’aventure. Je peux dire que nous avons fait six créations en trois ans avec près de 100 Eysinais. Je peux dire que le public était nombreux, que la joie était au rendez-vous, et que le brassage social en jeu eût été un exemple pour beaucoup de théâtres.

Ces deux projets nous ont beaucoup mobilisé pendant trois ans. J’y ai appris beaucoup de choses que je partagerai ultérieurement (peut-être pas sur ce site), et nous y avons laissé quelques plumes. Comme nous n’avons pas mis toutes nos forces au service du seul critère de "l’excellence artistique", on a pu nous croire passés dans le camp du "socio-culturel", ou de "l’animation du territoire". Certains experts de la DRAC nous estiment perdus, et en ce moment, il ne fait pas bon fournir à l’Etat le bâton pour nous battre.

Mais 4 de nos spectacles tournent toujours (Dom Juan, L’Enfant sur la montagne, Aliénor exagère, Le Soleil sous l’arbre), et un nouveau spectacle, Le Ventre de papa, sera créé le 1er octobre prochain à la chapelle Mussonville à Bègles. Il s’agit d’un solo, en collaboration avec le dessinateur de BD David Prudhomme (primé la semaine dernière au festival d’Angoulême). Et d’autres projets mijotent dont je ne peux parler pour le moment. En bref, nous rassemblons nos forces pour les mettre au service de la création. Une création qui, nourrie des expériences humaines des trois années passées, débarrassée d’un idéalisme tout quichottesque, devrait gagner en maturité.

Qu’est devenu le théâtre populaire ? le 10 décembre 2008 par Laurent

Qu’est-ce que le théâtre populaire ? La notion même divise. En gros, on oscillera toujours entre la définition d’un théâtre pour le peuple et celle d’un théâtre par le peuple. Le théâtre pour le peuple serait mû par un répertoire parlant si évidemment à toutes les classes du peuple, qu’elles communieraient ensemble dans sa représentation. Un théâtre par le peuple serait mû par un rassemblement du peuple si évident qu’on en verrait naître les formes théâtrales parlant à tout le monde. Pour différentes que soient ces deux définitions, elles ont toutes deux fortement animé le théâtre dans les années 50, et elles ont commencé à perdre de leur influence dans les années 70. Aujourd’hui, ces définitions n’occupant plus ni le théâtre ni le peuple, le théâtre populaire est mort. L’affaire est entendue : il n’y a pas, aujourd’hui en France, un théâtre clairement identifié qui, d’une manière ou d’une autre, rassemblerait les étudiants, les retraités, les ouvriers, enseignants, commerçants et cadres dans un même temps, pour une même communion. Autrement dit : vous trouverez aujourd’hui des centaines de salles qui réunissent deux cents personnes au théâtre d’avant-garde, au théâtre classique ou au théâtre de boulevard, mais vous vous épuiserez avant de trouver une salle qui réunisse deux cent personnes de toutes classes sociales pour un théâtre qui soit pour tous le reflet de la société. La question, c’est : le théâtre populaire a-t-il jamais existé ? Et l’intérêt de la question, c’est : existera-t-il un jour ?

Eh ! bien, oui ! Ce théâtre populaire a existé. Et plus d’une fois. Quand ? où ? combien de temps ? me demanderez-vous. Quand on y a cru, là où on y a cru, et le temps qu’on y a cru, vous répondrai-je. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le théâtre populaire est une utopie, et il ne vit, ne grandit, n’enrichit la société qu’aussi longtemps qu’on croit en lui. Le théâtre populaire est une affaire de foi, et cette foi s’est perdue. Qui l’a perdue ? des noms ! demanderez-vous. Je vous en donnerai trois : l’artiste, le politique, le peuple.

Pour que le théâtre populaire existe, il faut que les artistes croient en lui. Mais la majorité des artistes dramatiques sont plus soucieux de se faire une place dans le milieu culturel et sur le marché de la culture que de participer à un rassemblement populaire. Je ne ferai que deux observations.

Il y a de plus en plus d’auteurs de théâtre, de plus en plus de théâtre édité, et une personne arrêtée dans la rue ne saurait citer un auteur dramatique vivant. C’est que nos auteurs dramatiques, dans leur majorité, sont de moins en moins attachés à entrer en contact avec le peuple, non plus qu’à traduire ce qu’il vit. La plus grande partie de notre théâtre contemporain est hermétique, esthétisant, narcissique. Le contexte socio-politique y est devenu complètement abstrait, pour ne pas dire absent. Le langage n’y tend pas à être le véhicule d’un propos mais à être une fin en soi. Il n’y a pas d’histoire, pas de personnages : on a dépassé la fiction, on a même dépassé l’auto-fiction - on est dans l’exploration du moi. Il ne s’agit plus d’un théâtre du contact, mais d’un théâtre égotiste dans lequel les spectateurs recherchent un plaisir égotiste. On comprendra que ce théâtre du moi nie toute possibilité d’un théâtre du peuple.

Autre observation. Il y a de plus en plus de metteurs en scène, de plus en plus d’acteurs, et il y a de moins en moins de troupes. La troupe est une nécessaire condition du théâtre populaire : une équipe d’artistes doit s’inscrire dans un territoire et dans la durée, pour que chaque représentation puisse prétendre à une relation avec le peuple. Force est de constater que les metteurs en scène et les acteurs sont bien plus attachés à leur indépendance vis à vis les uns des autres, vis à vis d’un territoire défini et d’un engagement à long terme, et vis à vis d’un peuple identifié. Un auteur qui n’écrit que pour lui-même, associé à un metteur en scène qui ne réalise que pour lui-même, associé à un acteur qui ne joue que pour lui-même : cette association d’égotistes, sans aucun engagement politique ni social, annule la possibilité d’un échange réel entre les artistes et le peuple.

Mais si la majorité des artistes dramatiques ont ainsi renoncé au théâtre populaire, c’est aussi que les politiques ont cessé d’y croire.

Pour que le théâtre populaire existe, il faut que les politiques croient en lui. Mais la plupart des élus sont plus soucieux d’animation culturelle que d’action artistique, ou plus soucieux de faire du monde que de rassembler le peuple. L’animation culturelle amène le consensus et le rassemblement du peuple pourrait faire débat. Que cette majorité d’élus soit rassurée : le théâtre n’est plus le lieu où la société se rassemble. Pour que le théâtre cesse de mettre son nez dans la cité, les élus ont d’ailleurs fortement contribué à échanger le théâtre à l’italienne, où tout le monde pouvait s’observer à la lumière des lustres - les uns au parterre, les autres dans les baignoires, au balcon ou au poulailler, chacun selon son rang - contre un gradin frontal absolument démocratique où chacun tourne le dos à chacun, où s’observer est d’autant moins envisageable que la lumière s’éteint dès le début du spectacle, où le silence est de rigueur, où chacun regarde dans la même direction, tous les yeux illuminés par la même hallucinatoire lumière de scène. L’élu le plus courant sait bien que programmer une pièce de théâtre est aujourd’hui à peu près aussi politique que de diffuser la copie d’un blockbuster américain. C’est pourquoi il a délégué son pouvoir à l’opérateur culturel.

L’opérateur culturel d’aujourd’hui, le plus souvent, se voit confier une double mission. D’abord, il doit faire du monde : pour que la ville paraisse animée, pour que les électeurs soient satisfaits, et pour limiter les frais de la collectivité. Son autre mission consiste à obtenir des subventions. Le jeu consiste à manipuler, auprès des autres collectivités, des mots comme « décentralisation », « démocratisation de la culture », « mission de service public », « sensibilisation du jeune public », « recherche de nouveaux publics », « création contemporaine », « artistes en résidence », etc, avec un air suffisamment convaincant pour prolonger encore un moment le jeu de dupes de l’exception culturelle française. Bref, l’opérateur culturel majoritaire fait des opérations et n’a aucun motif de s’engager pour le théâtre populaire.

Mais il y a pire : la majorité des opérateurs culturels creusent un fossé entre les artistes et les citoyens. En mettant les compagnies en compétition, en ne considérant aucunement leurs démarches mais seulement les produits artistiques, en évitant d’inviter trop régulièrement les mêmes artistes, en diversifiant au maximum la programmation de leur lieu, la majorité des opérateurs culturels s’obstinent à envisager les artistes comme des producteurs et les spectateurs comme des consommateurs. Ils s’envisagent eux-mêmes comme les intermédiaires d’un échange marchand, au lieu d’inviter artistes et citoyens à une véritable relation. Ces opérateurs renient le théâtre en tant que lien social, en tant que moyen d’émancipation des citoyens, et condamnent toute possibilité d’existence d’un théâtre populaire. On observe d’ailleurs qu’ils programment chaque année un peu moins de théâtre, au profit d’autres formes moins bavardes et censément plus divertissantes.

Mais si les politiques ont cessé de croire au théâtre populaire, c’est aussi que le peuple a cessé d’y croire.

Les politiques livreraient-ils le théâtre aux marchands du temple et les artistes se réfugieraient-ils dans une tour d’ivoire si le peuple avait à cœur de se réunir au théâtre pour s’interroger sur l’état de la société qu’il constitue ? Se réunir au théâtre ? Là encore, le bât blesse. Le public de théâtre ne cherche pas à se reconstituer comme peuple. On va dans un modeste café-théâtre, une bonbonnière du privé, un design théâtre public, un ostensible opéra, une plasticienne friche, etc, selon son âge, son rang, sa culture, bien plus volontiers qu’on ne rassemble nos différences dans un même lieu. Et on est en droit de se demander : comment les artistes incarneraient-ils la société si les spectateurs eux-mêmes échouent à l’incarner ? Autrement dit : le théâtre populaire n’advient sur la scène que si le peuple vient dans la salle. Mais dès lors qu’on choisit de se réunir entre soi, on choisit d’assister à un théâtre qui voit le monde comme on le voit entre soi, un théâtre qui dit le monde comme on l’entend entre soi, comme on le comprend entre soi : un monde bien plus petit que notre société.

Mais l’absence du désir de se rassembler en peuple est indissociable de l’absence du désir d’assister à une représentation du peuple. Ce qui revient à dire que la majorité des publics de théâtre contemporain ne demandent pas au théâtre de représenter la société. Alors que demandent-ils ? Les publics, dans leur majorité, demandent aux différents théâtres de les divertir en leur représentant le monde de la façon particulière dont ils aiment à se le représenter. Le marché de la culture l’a bien compris, et il travaille avec les politiques de la culture à proposer un peu partout en France du cirque, du conte, de la marionnette, du théâtre d’avant-garde chic et choc, du théâtre classique dépoussiéré, du boulevard de troisième âge, des vedettes du petit ou grand écran, du théâtre de rue à consommer sur le trottoir, etc : il doit y en avoir pour tous les goûts et toutes les bourses. On appelle ça « la démocratisation culturelle », par contraction de « la démocratisation d’une offre variée de biens artistiques aptes à satisfaire les désirs des consommateurs de différentes origines culturelles ». On comprendra que cette démocratisation-là nous mène à un théâtre de la satisfaction individuelle, aux antipodes d’un théâtre du peuple.

Evidemment, dans ce tableau à grands coups de brosse, je fais apparaître les spectateurs, les politiques et les artistes dans leur majorité, et je ne dirai rien de la minorité des spectateurs fatigués du théâtre de consommation et avides d’un théâtre qui aurait un vrai rôle social, je ne dirai rien de la minorité des opérateurs et politiques lassés de donner des coups médiatiques et s’efforçant de réinventer l’humanisme de leur mission, et je ne dirai rien non plus de la minorité d’artistes renonçant à la course aux honneurs et subventions pour s’aventurer sur de nouveaux territoires où ils sont au moins assurés de retrouver un lien avec une population. Je ne dirai rien d’eux tous, mais je leur dirai une chose : si le théâtre populaire est mort, comme toujours il renaîtra de ses cendres.

Le jour viendra où une foule de gens insatisfaits d’un mode de vie taillé sur mesure - voire d’une taille trop petite - éprouveront le besoin de se mesurer à la société entière. Ils trouveront le chemin d’un théâtre de la mesure humaine dont le directeur aura su accueillir des gens de toutes tailles. Sur scène, les artistes qu’ils encourageront donneront la pleine mesure, la vraie démesure de cette société. Les réactions alors seront vives. On pourra reparler de spectacle vivant.

Théâtre Jean Vilar, Eysines, 05.12.08.

d’un cycle à l’autre le 10 décembre 2008 par Laurent

L’été est bien passé. Je viens de finir d’écrire les trois pièces de Campagnes et Compagnie. Nous avons créé la première, PLUS TOUT A FAIT LE FLEUVE, à Créon le 1er novembre dernier. C’est l’histoire d’un joueur de rock de l’Entre-deux-Mers qui a rendez-vous avec un producteur à Paris, et de l’émoi provoqué dans le village. Nous étions 25 en scène (15 habitants d’âge adulte, 7 enfants, et Hadrien, Fausto, moi), nous avions une bonne centaine de personnes dans la salle. Acteurs et spectateurs étaient heureux : le triste sire, c’est encore moi. Car le public était encore exclusivement (ou presque) composé des usagers et autres consommateurs habituels d’objets culturels. Si bien que cette pièce - au moins pour cette représentation - n’accédait pas à sa dimension de théâtre populaire. J’attends autre chose pour les prochaines représentations : samedi 22 novembre à Cadillac (21h au collège) et samedi 13 décembre au Tourne (21h salle du Moulin Carraire).

Nous avons monté Campagnes et Compagnie avec le Conseil Général de la Gironde pour tenter, avec l’aide de quelques opérateurs culturels locaux, de faire venir dans la salle de spectacle un public plus mélangé qu’à l’ordinaire. Il apparaît globalement que ces partenaires n’ont pas les moyens, pas le temps, pas l’habitude d’aller au contact direct des habitants de leur commune, a fortiori des communes voisines. Je soutiens qu’à moins de cela, on ne fera pas revenir les gens sur la mauvaise image qu’il ont du théâtre, et on se condamnera à poursuivre la programmation d’un théâtre spécialisé, pour un public divisé. A terme, on devra se résigner à ce qu’on observe déjà dans de nombreuses plaquettes de théâtre depuis plusieurs années : la fin d’une programmation théâtrale au profit des autres formes de spectacles.

des nouvelles du front le 27 avril 2008 par Laurent

Il est temps que je donne quelques nouvelles de notre combat. (Il est temps que j’arrête de faire la gueule parce que personne n’écrit sur ce site : si j’en crois certains, on le consulte quand même.) Je récapitule les faits, puis je passerai aux commentaires.

CAMPAGNES ET COMPAGNIE :

Comme prévu, tout au long de cette deuxième saison du projet, nous avons donné une dizaine de représentations de nos différents spectacles dans les communes partenaires, et nous avons effectué quatre résidences sur les trois territoires girondins concernés. Suite aux résidences de la première saison qui ont consisté à recueillir des témoignages dont je m’inspirerai pour l’écriture des pièces à venir, les résidences de la deuxième saison ont consisté à organiser des soirées de pratique théâtrale ouvertes à tous. Ces soirées nous ont permis de mettre en jeu quelques propos recueillis ici et là, de tester quelques idées scéniques (mettant en jeu la vidéo, le théâtre d’ombres et le doublage), et surtout de faire connaissance avec nombre de curieux que nous retrouverons prochainement pour les créations de la dernière saison du projet. Ces créations auront pour noms : PAS VRAIMENT LE BASSIN ; PLUS TOUT À FAIT LE FLEUVE ; PRESQUE L’ESTUAIRE. Trois comédiens de la compagnie y joueront les principaux rôles, et ils seront entourés, sur chaque territoire, d’un groupe différent de trente à quarante participants.

COMPAGNONNAGE AVEC EYSINES :

Nous avons fini la saison passée avec LE MANÈGE DES PETITS HOMMES. Les enfants sur le manège jouaient aux grandes personnes, tandis que les grandes personnes autour du manège parlaient de leurs enfants. Nous sommes repartis cette saison, avec 55 participants, les Manufactures verbales et l’Abracadaband, sur deux nouvelles créations : QUI FAIT L’ANGE et QUELQUES PAS DANS LA VILLE. QUI FAIT L’ANGE est la pièce que nous avons créée l’été dernier, à Labastide d’Armagnac, avec les chanteurs des Manufactures verbales et 25 acteurs et chanteurs amateurs des Landes. C’est l’histoire des gens d’un village entre 1905 et 1975 : une somme de menues aventures se déroulent sous le regard des huit anges protecteurs du village, lesquels ont aussi une dispute à régler entre eux, au sujet de leur rôle à jouer auprès des hommes. Ce spectacle a été joué au théâtre Jean Vilar, le 29 mars dernier, avec les chanteurs des Manufactures verbales et 30 habitants d’Eysines. QUELQUES PAS DANS LA VILLE est l’histoire de la rencontre amoureuse d’un homme et une femme dans la ville : le spectacle de leur aventure amoureuse est l’occasion pour le public d’observer bien d’autres personnages dont les préoccupations sont tout autres. Ce spectacle sera représenté le 3 mai prochain au théâtre Jean Vilar, puis le 27 mai à la salle du Vigean, dans le cadre des Rencontres Théâtrales d’Eysines. Sur scène : 25 habitants d’Eysines, 10 musiciens d’Abracadaband, et 3 comédiens d’Anamorphose.

CRÉATION DU COCU MAGNIFIQUE de Fernand Crommelynck

Comme prévu, nous avons re-créé (référence à la version jouée la saison dernière avec les habitants d’Eysines) le Cocu magnifique, entre professionnels : Ayse Sahin, Boris Alestchenkoff, Hadrien Rouchard et moi-même dans les 7 principaux personnages, Denis Gouzil et Sol Hess pour la musique, et Stéphane Le Sauce à la régie, ces derniers assumant aussi quelques rôles de villageois. Rappelons-le : cette farce tragique raconte un écrivain de village se persuadant lui-même qu’il est cocu, et entraînant tout le village dans son incroyable descente aux Enfers. Nous avons joué ce spectacle cinq fois en Gironde, et le reprendrons le 16 août prochain à Cambo-les-Bains.

TOURNÉES

ALIÉNOR EXAGÈRE ! poursuit sa tournée régulière depuis sa création à Eysines en mai 2006 ; j’ai repris la tournée de DOM JUAN et de L’ENFANT SUR LA MONTAGNE ; nous jouerons les dernières représentations du CID à la Scène Nationale de Foix les 19 et 20 mai prochains. Tous ces spectacles ont dépassé le cap des 50 représentations - DOM JUAN celui des 100 représentations.

COMMENTAIRES

D’aucuns nous disent parfois : "Eh, ben ! ça roule, Anamorphose !" (en substance). A ceux-là, je réponds en général (en substance) : "Notre dernier spectacle a été le moins co-produit et le moins pré-acheté depuis les débuts de la compagnie ; nous avons de plus en plus de mal à joindre des directeurs de théâtre avec lesquels nous avons conçu des projets en Aquitaine pendant dix ans ; les autorités culturelles me chicanent de plus en plus sur mon choix d’un théâtre tout terrain et grand public (en particulier sur le volet du projet qui consiste à travailler aussi avec des non-professionnels) ; nous avons un mal fou, en milieu rural, à faire entendre notre projet de développement culturel du territoire dans la mesure où il vient d’une compagnie et non d’un opérateur culturel ; nous avons deux fois moins de représentations cette saison que la saison dernière, et nous ne ferons pas mieux la saison prochaine ; mais ceux qui viennent voir nos spectacles sont ravis et nous en font de nombreux témoignages ; la mairie d’Eysines est à fond dans notre projet sur la ville et la plupart des participants en redemandent, toujours disposés à relever de nouveaux défis ; le Conseil Général de la Gironde continue d’encourager nos tentatives en milieu rural ; les trois groupes d’habitants formés en campagne girondine semblent impatients que nous les convoquions pour leur distribuer les textes des créations de Campagnes et Compagnie ; nos premiers essais d’intégration de la vidéo dans les spectacles me la font voir comme un média qui a désormais sa place dans un nouveau théâtre populaire ; nous avons, outre les prochaines pièces de Campagnes et Compagnie, deux nouvelles créations sur le feu, alors oui : ça roule, Anamorphose !"

infos de printemps le 24 mai 2007 par Laurent

Depuis mon dernier texte qui date de février :

Pour Campagnes et cie, nous avons effectué une résidence d’une semaine sur chacun des secteurs choisis : Sud Gironde-Landes de Gascogne, Coeur-Entre-Deux-Mers et Haute Gironde. Les nombreux témoignages recueillis seront fort utiles à l’écriture des trois pièces qui verront le jour en 2008/09. Nous avons, comme prévu, donné trois de nos spectacles sur chacun des territoires.

A Eysines, nous avons créé, le 24 mars dernier, La Fortune avant midi. Nous étions une cinquantaine sur scène (dont quatre professionnels seulement), et 250 spectateurs. Une très belle soirée, de belles rencontres en scène, de belles rencontres entre scène et salle. A Eysines toujours, nous avons créé, le 30 avril, Le Cocu magnifique, de Fernand Crommelynck. Nous étions une vingtaine sur scène (cinq professionnels), et 280 spectateurs. Encore une très belle soirée. Nous jouerons ce spectacle une seconde fois, dans le cadre des Rencontres Théâtrales d’Eysines, le 30 mai prochain. Nous préparons notre troisième création de la saison à Eysines, Le Manège des petits hommes : un collage de textes de Pinter, Dubillard et moi-même. Nous serons 28 en scène. La représentation aura lieu le 30 juin au théâtre Jean Vilar. 70 habitants d’Eysines auront participé à l’une ou deux de ces trois créations. Beaucoup d’entre eux souhaitent poursuite cette expérience la saison prochaine.

Nous avons poursuivi la tournéd du Cid. Confirmation générale d’un très bon accueil du public.

J’ai repris mon solo de Dom Juan, pour quatre représentations à Foix. Toujours autant de plaisir, même après une centaine de représentations.

J’ai donné une dizaine de représentations de l’Enfant sur la montagne. Heureux de rencontrer une très belle attention au propos, en particulier dans les petites communes.

Solène, Hadrien et Limengo ont repris la tournée d’Aliénor exagère !

Nous aurons donné 75 représentations cette saison. Nous aurons deux fois moins de représentations la saison prochaine.

J’ai écrit le scénario de Qui fait l’ange, opéra aux fenêtres que nous créerons avec les Manufactures verbales et une quarantaine d’amateurs, les 17 et 19 août prochains à Labastide-d’Armagnac (Landes). La pièce raconte le vingtième siècle vécu par les habitants d’un village français, sous le regard de ses anges gardiens. Je dois maintenant en écrire les dialogues.

Solène et Limengo vont lâcher l’aventure d’Eysines, de Campagnes et cie, et des prochains spectacles. Tout cela, semble-t-il, représentait trop de travail pour eux. Maury Deschamps et Fausto Olivares reprendront le flambeau de Campagnes et cie aux côtés d’Hadrien et moi-même. Maury travaillera aussi à nos prochaines recherches théâtrales sur la ville d’Eysines, et à la reprise professionnelle du Cocu magnifique en janvier prochain.

Laurie a remplacé Audrey à la diffusion et au pilotage de Campagnes et cie. Julie tient bon la barre de l’administration. Stéphane assure à la technique.

Voilà pour les informations. Les commentaires : une prochaine fois.

Ou à vous de les faire ?

Le Groupe Anamorphose©2006 :: 6 Cours de Tournon 33000 Bordeaux :: contact@groupe-anamorphose.com :: tél 05 56 48 11 20 :: mentions